Je me souviens de cette année là, du bruit fracassant de la porte métallique du couloir de la mort se refermant devant les yeux impuissants et stupéfaits de Mummiya Aboul Jamal.

Je me souviens de cette année, des battements de mon cœur se confondre avec les bruits sourds des poings de Marvin Hagler acclamé par la foule un soir de finale.

Je me souviens de cette année où j'ai poussé ma première note devant le public d'une nurserie en folie qui me donnait l'impression de scander mon nom.

Je me souviens cette année sur des airs de Stevie Wonder naître avec moi la conviction d'une vocation … t'imagines « less than one minute old », n'est ce pas magnifique … ?

Bizarrement, c'est une autre année, beaucoup plus lointaine, qui revient à moi, celle où je me vois impatient sur des starting-blocks prendre seul le départ sur cette détonation qui me transpercera la chair me faisant prendre conscience d'un autre départ qui aurait pu être imminent.

Mais bon ! Je vous rassure, je n'ai pas pleuré … d'ailleurs comme tout le monde ce jour là, je ne sais pas… est ce la peur le courage ou étais-je mature avant l'âge ?

Ce jour là j'ai tout compris, sauf peut être quelques sourires incohérents … mais bref !Mieux vaut classer le dossier des Benny Blanco qui reste futile face au départ inattendu d'une imminence de naïveté, cette banale histoire tragique d'un être se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment, cette même impression qui m'avait saisi quelques années auparavant lors de mon arrivée dans le cocon familial.

Je vous avouerais que j'en veux énormément à cet enfoiré né en 1664 qui n'a laissé pour souvenirs derrière lui que des vapeurs d'alcool dont mon aïeul est apparemment l'un des héritiers.

Mais bon Dieu merci l'humanité est fournie d'histoires et de personnages dont j'ai pu hériter à travers la littérature ou certains mangas, avec une mention spéciale je l'avoue, pour Ken le survivant.
Je me rends compte que je viens de vous citer Ken avant même de vous parler de mon 1er amour qui a été … ? Non ! Finalement je sais pourquoi … !

Ah ouais ... ! Je me souviens de mon premier 18/20 en français, qui pour moi était comme une première victoire de la musique, et qui se révèlera prémonitoire ...

Mine de rien je réalise en écrivant que j'ai commencé la scène très tôt, bon je ne dirais pas aussi tôt que les chanteurs ou chanteuses que l'on connait qui dans leur bio vous racontent que dès l'âge de 3 ans ils chantaient déjà avec un peigne devant leurs glaces où leurs invités car moi enfant … mon miroir était brisé.
Enfin, je dis que je n'ai pas commencé enfant mais presque, parce que je me souviens avoir touché 200 francs sur une scène à Bonneuil à l'âge de 15 ans … ahhhhhhh ... l'époque où on parlait en franc !
Dis moi, t'as pas remarqué une chose … ?

Chaque fois que tu quittes un lieu où une ambiance que tu aimes pendant une certaine période, bien sûr je parle de cette période que tout le monde connait, celle de la confrontation … directe … avec la réalité et des … crochets … vers les parloirs … enfin bref tu m'as compris !

Cette période où l'on prend conscience de ce qui se passe dans les coulisses de la vie … Finalement … ce sont les larmes de la vie qui alimentent goutte à goutte la fleur au bout de notre stylo.

HO Soul

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